2 cas de figure sont possibles
1) L’inflammation des bourses séreuses est responsable d’un syndrome inflammatoire classique avec rougeur, chaleur, œdème et empâtement profond.
Parfois une sensation de gêne et de corps étranger peut survenir lors de l’appui dans le 2e ou le 3e espace pouvant évoluer dans des cas extrêmes jusqu’à une divergence des orteils.
2) L’atteinte du nerf digital lui-même, irrité par la compression des têtes métatarsiennes :
- ATTEINTE DIRECTE DU NERF dont les membranes s’épaississent et se fibrosent aboutissant progressivement à une détérioration des fibres nerveuses conductrices, formant une petite tumeur fusiforme tout à fait bénigne pouvant atteindre 1 à 1,5cm de long pour environ 0,5cm de large.
C’est le fameux névrome de Morton, dont le nom provient de Thomas Morton qui a décrit cette pathologie en 1876. Très fréquente, l’atteinte est féminine dans 80% des cas.
Le symptôme principal est la douleur, parfois très importante qui siège typiquement entre les 3e et 4e orteils 3 fois sur 4, plus rarement dans les espaces voisins.
Cette douleur à type de décharge électrique, brûlure ou coup de poignard peut irradier jusqu’aux orteils correspondants à l’espace touché ou donner des douleurs plus proximales. Une diminution de la sensibilité des faces internes de ces orteils est également possible.
Apparaissant au chaussage, surtout à bout étroit et à la fin du déroulé du pas, la violence des douleurs nécessite le déchaussage impérieux qui soulage le patient, tout comme la mobilisation immédiate des orteils.
- ATTEINTE INDIRECTE DU NERF comprimé par l’inflammation de la bourse séreuse adjacente.
C’est le syndrome de Morton dont les symptômes sont semblables à ceux du névrome, à la seule différence que le nerf digital ne présente ici aucune anomalie visible lors des explorations.
Les 2e et 3e espaces peuvent aussi bien être touchés car les bourses y sont plus volumineuses et plus antérieures et que les 2e et 3e métatarsiens sont moins mobiles que les autres.
Savoir diagnostiquer une atteinte du nerf
Les examens sont inutiles dans les formes typiques où le diagnostic doit rester clinique, mais une radiographie pourra éliminer une pathologie associée.
En cas de doute c’est l’échographie ou l’IRM qui se révèlera nécessaire pour objectiver un éventuel syndrome.
C’est donc la palpation qui prime pour permettre de distinguer la pathologie de l’espace inter-métatarsien des métatarsalgies, outre la présence de troubles statiques, en cherchant :
- A localiser le siège exact de la douleur en appuyant là où ça fait mal !
- Les signes de la « sonnette », « Lassègue » et « Müdler » qui permettent par des manœuvres simples de raviver la douleur typique de la névralgie de Morton (affaire de spécialiste)
- Une hypoesthésie des orteils en rapport avec l’espace incriminé
Dernière possibilité : un test diagnostic par infiltration locale de corticoïdes. Le soulagement oriente vers une inflammation (bursite), la conservation des symptômes vers un névrome (atteinte directe du nerf).
Traitement
Quoiqu’il en soit, bursite, syndrome ou névrome, peu importe car le traitement est identique et doit privilégier l’approche médicale avant tout :
Elle se résume à la prescription éventuelle et non prolongée d’anti-inflammatoires en début de prise en charge et aux conseils de chaussage avec la diminution de la hauteur des talons, la diminution des contraintes et le choix de chaussures à bout plus large.
Podologique par le port de semelles orthopédiques qui viendront pallier les troubles
statiques de l’avant-pied et recreuser l’arche antérieure pour décomprimer les espaces situés entre les têtes métatarsiennes et soulager l’inflammation et/ou le nerf digital.
Chirurgical enfin, uniquement après échec des traitements dits « conservateurs », il s’attaque principalement au névrome pour le sectionner largement par voie dorsale.
Inconvénient : il peut subsister une anesthésie sensitive définitive des 2 orteils jouxtant l’espace atteint.
